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Août 10 2017

Voyage de Vibrations d’Aujourd’hui en Italie

Le 31 juillet 2017, en descendant de l’avion qui la ramenait d’Italie, La Chorale Vibrations d’Aujourd’hui d’Aubertin et ses accompagnateurs avaient tous la tête pleine d’images lumineuses, musicales, souriantes. Ils avaient aussi dans leurs cœurs la certitude d’avoir vécu en Italie une expérience unique et inespérée de rencontres et de partages sous le signe de l’amitié et de la fraternité.

Ce saut dans l’inconnu, dont la longue préparation avait depuis longtemps plus ou moins stressé chacun d’entre nous, s’est soudainement transformé dans une fête de famille où chacun avait le sentiment de retrouver dans la joie un ami depuis longtemps attendu. Oui la musique change la vie, elle nous l’a prouvé. La musique et la Divine Providence ont accompli le miracle de créer, sous nos yeux incrédules, un merveilleux jumelage non officiel, mais réel, concret, vrai. Nous l’avons senti, nous l’avons vu, nous l’avons vécu. Nous en sommes témoins après avoir noué des rapports d’amitié avec le chœur CTG de Belluno, le chœur Sandi de Lentiai et le chœur Vocincanto de Feltre et avoir donné un concert avec chacun d’eux dans sa ville devant un public enflammé : que du bonheur !

Nos choristes et nos accompagnateurs ont été accueillis, à leur arrivée en Italie, par l’ami italo-français Orfeo Dal Piva qui, dans sa jeunesse, avait vécu une dizaine d’année en France.  Celui-ci avait appris, lisant « La grande guerre de Victor Baudorre », que Joseph Baudorre avait combattu en 1918 avec le Corps Expéditionnaire Français dans les batailles du Piave. Dans une simple, mais très émouvante cérémonie, au bord de ce fleuve sacré, Orfeo Dal Piva et  madame Martine Rodriguez  ont déposé une couronne de fleurs devant le Monument-Ossuaire Français de Pederobba où reposent les dépouilles de  1000 soldats Français tombés en 1918 dans les batailles du Piave.

A Lentiai, le maire Armando Vello  et ses adjoints ont ensuite accueilli notre groupe à la mairie pour nous souhaiter la bienvenue. Lentiai est situé au bord du fleuve Piave, au centre de la Val-Belluna, une ample vallée qui s’allonge entre Belluno et Feltre. Elle est bordée au nord par les premiers contreforts des Dolomites et au sud par les Préalpes. C’est un lieu pittoresque et idéal pour les vacances et les excursions. Nous l’avons bien sillonné après notre installation au Centre de spiritualité Stella Maris, gouverné par Sœur Catherine et quatre souriantes religieuses, où nous avons séjourné dans une ambiance sereine, douce, familiale propice aux répétitions préparatoires aux concerts.

Venise, cette reine qui attire des foules insatiables de sa beauté, n’a pas démenti sa réputation et nous avons marché émus sur les précieuses vagues de mosaïques presque  millénaires de la Basilique de Saint Marc. Une souriante Sœur toute de blanc vêtue, Gianna Dalla Palma, sœur de la femme du boulanger de Lentiai, nous a accueillis dans son magnifique couvent qui abrite une école de 150 enfants de Venise, dont la plus part des tout petits sont chinois.

A Belluno nous avons été accueillis par monsieur Marco Crepaz, directeur de la rédaction du mensuel « Bellunesi nel Mondo » organisateur du concert. L’écrivain et journaliste Dino Bridda nous a raconté l’histoire de l’émigration bellunese et de son journal né il y a 52 ans après la catastrophe de Mattmark, quand une avalanche tua 88 ouvriers qui construisaient un barrage en Suisse, dont 56 italiens. Le président de l’Association B.N.M., Oscar De Bona, a posé avec nous pour la photo souvenir. La présidente du chœur CTG de Belluno, l’architecte et professeure Lidia Rui, nous a présenté une de ses anciennes élèves qui nous a accompagnés dans une visite guidée de la ville.

Le chœur CTG, dirigé par le jeune maestro Sebastiano Sitta, de 24 ans, a ouvert le premier concert à l’église Saint Pierre de Belluno. Nous avons enchaîné sous les applaudissements et dans l’ambiance d’une ville enflammée par la musique qui se jouait par tout dans les rues au milieu d’une foule de jeunes venus de toute part. La soirée s’est terminée au restaurant autour d’une pizza offerte aux choristes par non hôtes.

Le jour suivant nous attendait le deuxième grand émerveillement : la visite des Dolomites, inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO avec, comme étapes, Pieve di Cadore et la maison du Titien (où avait lieu une exposition temporaire de ses chefs d’œuvre venus de toutes-pars du monde), le lac de Auronzo, le lac de Misurina, la reine des Dolomites Cortina d’Ampezzo, le Col de Giau d’où l’on admire les plus mythiques sommets de cette immense chaîne de montagnes.

Le concert donné le 29 juillet à l’église monumentale de Lentiai avec le Chœur Sandi dirigé par Maria Canton a été le clou du voyage.  Nous avons été co-protagonistes et témoins d’un événement  exceptionnel : la fusion émotionnelle entre le public et les chanteurs. Une sorte de jumelage musical que les mots ne sauraient pas décrire et que nous vous laissons imaginer.

Notre chef de chœur, Marie Hulard, a chanté en solo une Ave Maria qui a fait vibrer les vitres et chavirer les cœurs. Le maire Armando Vello a distribué de magnifiques cadeaux-souvenir. La fête était à son comble à la sortie de l’église pour le verre de l’amitié entre les deux chorales.

Le 30 juillet nous avons été accueillis à Feltre par l’organisateur de ce concert, monsieur Orazio Dal Mas et sa femme Elsa pour assister au vidéo-guide de la Basilique-Sanctuaire des Saints Vittore et Corona en version française à laquelle avaient collaboré des amis d’ici.

Le maire de Feltre, le docteur Paolo Perenzin nous a offert les vidéo-guides et de beaux livres de la ville. Le concert a eu lieu au sommet d’une colline proche, un lieu magique chargé d’histoire : une basilique vieille de plus de neuf siècles, couverte de fresques précieux qui s’ouvre sur un cloître enchanteur. Le chœur Vocincanto dirigé par Lorenzo Luciani nous a introduits et ensuite nous avons chanté toute la joie de nos cœurs. A’ la fin du concert, les deux chœurs ont fusionné et chanté ensemble, sous la direction de Marie Hulard, « Vierge Marie », une chanson française de Francis Lopez adaptée à 4 voix par Lorenzo Luciani.

Cette admirable mélodie a continué à résonner dans nos têtes pendant tout le voyage de retour, et pour certains d’entre nous, elle n’a pas encore cessé de bercer les souvenirs d’une insolite et remarquable aventure.