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Nov 22 2017

Aubertin a payé un lourd tribut à la guerre de 14-18

Le 6 août 1914, lorsque le 18è Régiment d’Infanterie de Pau est mobilisé, une bonne dizaine de jeunes soldats d’Aubertin sont dans les rangs. 3 326 hommes et gradés défilent de la place de Verdun jusqu’à la gare, sous les ordres du colonel Gloxin.

« La population paloise leur a fait des adieux touchants » relate Le Patriote des Pyrénées dans son article paru le vendredi 7 août 1814.

« L’affluence aux alentours de la gare était considérable. Le boulevard, les rampes qui conduisent à la gare, les avenues Léon Say et de la Gare étaient noires de monde. Il y avait même des curieux jusque sur les toits des villas qui bordent le boulevard. Depuis 3 heures, les soldats arrivent par compagnie, salués par les acclamations de la foule. Tout le monde, parents et enfants, montre beaucoup de courage patriotique. Presque tous nos braves pioupious ont paré leur fusil, qui de verdure, qui de fleurs que les civils leur donnent au passage, qui, même, de petits drapeaux tricolores. 

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Quand tout le bataillon a disparu dans la gare, la foule se répand dans l’avenue de la Gare, le long de la voie, où stationne l’interminable train militaire. Les deux locomotives sont artistement décorées de verdure, et de drapeaux aux couleurs de la triple entente. 

05/23 – Le 18é RI au départ de Pau le 6 août 1914

Sur les wagons des loustics ont écrits à la craie  » Train du plaisir pour Berlin ! », « L’ouverture de la chasse a lieu à Berlin » et nombre d’autres inscriptions où les « Boches » sont sévèrement et justement qualifiés. Pendant ce temps des aéroplanes militaires viennent évoluer à faible hauteur au-dessus de la gare et soulèvent des tempêtes de bravos. »

Parmi les jeunes soldats qui partent la fleur au fusil, il y a Félix Marlat. Il est né au mois d’avril à Aubertin, il y a vingt sept ans à peine.

Le 21 août 1914, quinze jours à peine après son départ, il se retrouve à Eton, au nord de la Meurthe et Moselle, tout près de Verdun. Le village est entièrement détruit et incendié par les Allemands. La bataille fait rage, le petit gars d’Aubertin est sous le feu de l’ennemi. Il tombe.
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Il vient d’ouvrir la liste des 36 enfants d’Aubertin Morts pour la France en 14-18.

Quatre autres soldats d’Aubertin tomberont avant la fin de l’année 1914, dans les premières batailles d’Artois, dans le Pas de Calais.

Xavier Burgué, Jean-Baptiste Loustalot-Héroulet, Pierre Bésinau et Charles Baudorre.

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Au début de l’année suivante en 1915, trois jeunes d’Aubertin participent à la bataille de Perthes-lès-Hurlus, un village de la Marne qui sera complètement anéanti et rayé de la carte.

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Charles Heugas le 8 janvier, Pierre Caussou-lous le 17 février et Pierre Proharam le 18 février, y laissent la vie.

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Joseph Cassieula, Maximilien Sarragnac, Jean-Martial-Joseph Lacoustete-Benterou, Henri Loustalot et Philippe Edouard Vignau-Buret-Darré, sont tombés à Verdun ou dans des batailles des environs.

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Le 23 mai 1919, dans les tranchées de la Meuse, Pierre Labesque vient de retrouver par hasard son frère Jean, revenu d’Amérique.

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Les deux frères participent côte à côte à l’attaque du Fort de Douaumont lorsqu’une une bombe éclate. Pierre Labesque est tué, son frère Jean est seulement blessé. (Lire le récit de cette attaque)

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Pierre Lavie disparaît à La Creute, le 25 janvier 1915, au cours d’un combat pour la reprise de la caverne du Dragon sur le chemin des Dames. Son corps ne sera jamais retrouvé.

Et la longue liste continue.

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Léon Peyroutet est le dernier appelé d’Aubertin en 1918. Il rejoint les poilus au 263é régiment d’Artillerie dans l’Oise.

Il pleut sans cesse sur La Hérelle. Dans la nuit du 7 avril le village est bombardé, les maisons sont démolies, les habitants s’en vont. Le mauvais temps continue lorsqu’une pièce de la 4è Cie éclate. Léon Peyroutet est tué dans le bois de La Hérelle, il venait tout juste d’avoir 20 ans.

Pierre Sassoust et le 57é RI, partent à l’assaut de La Ferme Ferrière, le 24 octobre 1918, moins d’un mois avant l’Armistice. Pendant qu’une batterie tire sur l’ennemi, ils tentent de franchir trois réseaux de barbelés de 20 m de large chacun. Pierre Sassoust s’écroule dans la boue.

Philippe Bascougnet dit Léon, malade, décède à bord du « Canada »quelques jours après la fin de la guerre, en décembre 1918.

Cette longue énumération se termine par le décès de
Jean Lacoustète-Bentérou, soldat du 6è Bataillon Colonial du Maroc qui meurt le 17février 1919 des suites d’une maladie contracté en service à l’hôpital de Mirecourt dans les Vosges.

Joseph Lassabatère du 114è RI est mort le 18 avril 1918 à Ainval dans la Somme, il avait 25 ans. Il est inhumé tombe N° 4283 en la Nécropole Nationnale de Montdidier.

Paul Pourtau, soldat du 5è BCP est mort le 11 septembre 1916. Il est inhumé au Carré militaire de Besançon (Doubs)

Deux autres soldats d’Aubertin sont morts au champ d’honneur dans le plus grand anonymat. Aucune trace de leur décès ni des circonstances de leur mort. Il s’agit de Germain Cazenave-Nounes et d’Henri Toujaret.