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Nov 22 2018

Lettre de poilus d’Aubertin

Cette lettre jaunie écrite au crayon le 8 septembre 1915 à Victor Baudorre par son cousin, montre à quel point les deux Aubertinois se sentent en sursis, voyant que le pire peut arriver d’un moment à l’autre.

« Je suis heureux d’apprendre que tu t’éloignes du front sanglant et que tu vas jouir de quelques jours de tranquilité… »

« Pour le moment je suis hors de danger quoique j’entende le canon tonner presque sans cesse toujours sur le même point… »

« Nous travaillons dans les bois pour le façonnage à l’aménagement des tranchées. La vie y est un peu plus douce qu’à proximité de la colonne et je signerais volontiers un contrat pour y terminer la guerre. Mais il faudra rappliquer encore de nouveau pour sentir le Boche dont je commence à en être dégouté. »

« Ton bataillon ne se trouve pas si favorisé en ce moment et se trouve là où nous avions passé le mois de mai et j’ai compris qu’ils nous cèderaient volontiers la place. Quelques hommes de chez nous y ont été détachés parmi lesquels se trouve mon camarade Arrousez qui est parti hier et j’ai compris par certains qui en venaient que ce n’était pas le rêve. »

 » Un bon coup de torchon se prépare et j’ose croire que sous peu il y aura du nouveau. Souhaitons qu’après cela nous verrons la fin de cette triste vie ou bien on sera à peu près fixés sur la longueur des événements, si du moins il y a réussite. »

« J’ai eu l’occasion de voir Jacques Bayle ici à Holen rentrant de permission et se trouvait heureux d’y avoir été et la route de la Forestière ne lui plaisait guère. »