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Nov 24 2018

Ils sont morts pour la France en 39-45

Six noms sont gravés sur le marbre du monument aux morts de notre village. Tous les ans, le 8 mai, une cérémonie rend hommage aux disparus de la guerre 1939-1945.


Pierre Darribau

Il était le fils de Lucien Darribau, maire d’Aubertin
(de 1944 à 1945). Son frère Victor qui a 90 ans, nous parle de Pierre : « Il
était soldat au 57è RI de Souge près de Bordeaux. Il était au front
lorsqu’il a été fait prisonnier. Il a ensuite été interné dans un camp en Allemagne. Un jour, son compagnon de Lasseubétat
lui a dit qu’il allait s’évader, il n’a pas voulu le suivre, c’est bien
dommage car il a réussi à rentrer chez lui. Je ne sais pas dans quel
camp il était, mais il n’était par chez des agriculteurs. Mon pauvre
frère était très mal traité, il était tellement malade et faible qu’il
a été hospitalisé à Toulouse. Lorsque je suis allé le voir peu avant sa
mort, il m’a dit : « Il n’y a que moi qui saurais ce qu’ils m’ont fait,
ces gens-là… »

Dans son dossier militaire on peut lire : France Pierre Victor Raymond Albert Joffre Darribau, né le 13 mars 1915 à Aubertin, 57e Régiment d’infanterie,
Mort pour la France le 5 octobre 1942 à Toulouse – hôpital complémentaire Purpan. Cause du décès :
sacrocoxaldie droite avec cachexie.


François Lauzier

François Lauzier a laissé sa vie au cours des combats qui se sont déroulés en Allemagne, au moulin d’
Eyachmühle dans la Forêt-Noire, près de Pforzheim. Membre
du 1er bataillon de choc de l’armée Leclerc, François Lauzier est mort
d’un éclat d’obus le 13 avril 1945 à l’âge de 21 ans. Son parcours
témoigne d’un farouche désir de défendre sa patrie, lui qui a rejoint
très tôt le Corps Franc Pommies, s’investissant sans compter dans la
résistance en menant des actions dans la région de Pau, avant d’avoir
l’âge de s’engager sous le drapeau tricolore.

Dans cette
période cruciale pour la libération de la France, la disparition de
François Lauzier n’a pas été communiquée immédiatement à sa famille qui
s’est inquiétée de ne pas avoir de nouvelles. C’est sa petite sœur
Thérèse qui a envoyé un télégramme pour s’enquérir de lui. Elle n’avait que 14 ans. Sa famille s’était installée à Aubertin en
1941 au « Pintou » la maison située à la fin du chemin de Setze, à côté
de Baudorre-Piquepé ; ils sont repartis après la guerre. Une famille
qui aura laissé un lourd tribut pour la patrie puisque le frère de
François, Jean-Yves Lauzier a participé au débarquement de Fréjus, à la campagne de France, puis il est parti en Indochine où il a été tué le 3 juin 1952.

Un
deuxième frère, Philippe Lauzier, est parti en Angleterre suivre un
entraînement de commandos SAS. Il a été parachuté prés de Toulouse le 6 mars 1944 comme expert-saboteur. Après plusieurs actions, Philippe Lauzier a été pris par la Gestapo le 10 juin 1944 et déporté en Allemagne.
Enfin, le quatrième garçon de la famille, Dominique Lauzier, s’est
engagé à 19 ans dans l’armée Leclerc. En 1945 il est parti se battre en
Indochine.


Antoine Barbia

Antoine Barbia est mort parce qu’il était
sourd. Le pauvre émigré espagnol qui avait fui son pays en guerre pour
travailler comme domestique chez Bordenave-Péry à Aubertin, s’est
retrouvé confronté bien malgré lui à la violence de la notre. Un jour
de 1944, le 1er juillet exactement, alors qu’il travaillait avec les
Bordenave-Perry dans un champ en bordure de route, des Allemands à la
poursuite de maquisards, avaient ordonné de se coucher. Antoine Barbia
n’a rien entendu : une rafale l’a
abattu. Une stèle à sa mémoire est visible en bordure de route à
l’endroit même où est construit aujourd’hui la maison de Bonnemason.


Jean Labesque-Hourat

Jean Labesque-Hourat a servi la France à Oujda, au Maroc pendant la guerre 39-45. Il est mort des suites d’une maladie contractée pendant son service.


Louis Vignau

On sait peu de détails sur la mort de Louis Vignau pendant la guerre
de 39-45. Jean Vignau Penen se souvient seulement qu’un jour, un de ses
collègues du régiment d’artillerie de combat était venu à Aubertin à la
maison Penen, annoncer le décès de Louis Vignau, tué alors qu’il
descendait de son char d’assaut. Puis il est reparti. Louis Armand Vignau faisait parti du
513e Bataillon des Chars, il est mort
des suites de blessures.


Germain Cambot

Lorsque l’Allemagne déclenche son offensive sur le nord de la France en mai 1940, notre pays connaît une des pires défaites de son histoire. 90 000 soldats trouveront la mort dans les batailles de Dunkerque, Lille et de la Marne. Germain Cambot fait partie des soldats français qui sont tombés au champ d’honneur. Germain Cambot, né le 10 février 1906 à Aubertin, est mort au cours des combats à Sceaux dans l’Yonne, le 11 juin 1940. Il appartenait au
5e Régiment d’infanterie coloniale.