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Nov 24 2018

Les bals clandestins à Aubertin en 1944

Irène Cambeig n’a pas fait un très long voyage lorsqu’elle s’est mariée pour aller de Lasseube à Aubertin. Fille Guilhem-Bohaben, elle a épousé son voisin d’en face, Victor Cambeig : « j’ai sauté juste le chemin ! » Elle sourit en racontant cette anecdote. Pourtant, la jeune Irène n’avait pas peur des kilomètres lorsqu’elle partait se promener avec ses copines Emilie Tiret, Louisette Baudorre et Lucienne Peyrucq : « On allait à Lourdes en vélo ! On partait au point du jour pour rentrer avant la nuit car on n’avait pas de lumière. Ce jour-là, à Bétharram, Louisette Baudorre a cassé son pédalier. On a marché en chantant « Un kilomètre à pied, ça use, ça use… » On a trouvé un réparateur de cycles qui avait un « caboulot » au bord de la route ; le temps qu’on aille faire nos dévotions à Bétharram, c’était réparé. On est allé à Navarrenx, au plateau du Bénou et même au Pourtalet. On poussait le plus dur, et le reste en vélo. » Pendant la guerre, les jeunes organisaient des bals clandestins chez Louirat (chez Tyas maintenant). Un jour, ils ont été dénoncés aux gendarmes. Tout le monde s’est échappé en courant comme des fous, les garçons ont sauté les clôtures : Victor Cambeig s’est tordu la cheville et Laurent Cassieula s’est cassé la jambe, mais il n’y avait plus personne quand les gendarmes sont arrivés. La mère d’Irène, Marie-Louise Cambeig qui ramassait le blé dans le champs d’à côté, a traversé la cour de « Louirat » au moment où les gendarmes sont arrivés. Moqueuse, elle leur a dit : « Cette fois, vous les avez pas tous ! » Mais c’est elle qui a été verbalisée…