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Déc 02 2018

Jojo Capdeboscq gardait le coffre fort

La guerre d’Algérie n’a pas été trop dure pour moi ! » Nous dit Jojo Capdeboscq. « J’étais garde caisse. 

Je ne suis parti que trois fois dans les combats. Je ne me suis fait tirer dessus qu’une fois en deux ans et demi de guerre. Et encore, c’était en allant chercher un mouton avec le capitaine. On est reparti saints et sauf, mais sans mouton ! »

Jojo Capdeboscq est arrivé en Algérie en 1956 avec le 23e RI à Souk Ahras, puis il a été muté au premier bataillon à côté des mines de fer de Ouenza.

– « J’étais chargé de la surveillance du coffre fort qui contenait des millions de Francs. Je ne quittais pas la pièce, je dormais dans la salle du coffre. 

Un jour, un capitaine un peu éméché à frappé à la porte et a insisté pour que je lui ouvre. Je lui ai dit que non ! Comme il insistait encore, je lui ai dit que j’avais un PM et un pétard et que j’avais ordre de tirer sur celui qui rentre… Il est parti cuver dans son coin.

On partait avec deux Jeep chercher parfois plus de 50 millions avec le capitaine. Il ressemblait à Colombo avec son imperméable dans lequel il cachait deux pistolets. On se méfiait des embuscades. Les fellagas étaient malins. Un jour, ils ont coupé le tuyau d’eau qui alimentait notre secteur. En allant voir pourquoi il n’y avait plus d’eau, la section s’est faite massacrer. Il y a eu trois morts dont le pauvre Lucien Duthil de Lahourcade. Il y a eu aussi des blessés graves. »

C’était le 2 juin 1958 à El Milia.