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Déc 02 2018

Raoul Campbell n’en parle jamais

Avant le 50e anniversaire du cessez le feu en Algérie le 19 mars, nous avons rencontré les anciens combattants de notre village.

Difficile de savoir ce qu’il s’est passé en Algérie sous les yeux de Raoul Campbell en 1959 et 1960.

– « Il n’en parle jamais. » Confie son épouse Antoinette. « Lorsqu’on regarde des films sur l’Algérie, il remarque seulement les endroits où il était, sans jamais en dire plus. »

Il nous dira simplement qu’il était à Kolea dans l’Algérois, avec les parachutistes coloniaux du 2e RPIMA.

Ses mains tremblent lorsqu’il ouvre une vieille serviette qui contient des photos et une vieille carte d’Algérie, où il a retracé au stylo bleu, les routes qu’il a empruntées. Toute la carte ou presque est surlignée de bleu.

– « C’était de la guérilla, on se battait contre des bandes de rebelles. On a laissé des plumes. 

L’homme est profondément touché par ce passé qu’il tente d’oublier, mais on sent bien les atrocités qu’il a dû voir et entendre. On imagine les images horribles qui défilent encore dans ses yeux, surtout lorsqu’il les ferme.

– « Ce sont des mauvais souvenirs qui ne se racontent pas. »