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Oct 08 2019

Quelques précisions sur l’histoire d’Aubertin

20/02/14 – Dans ses infatigables recherches sur l’histoire d’Aubertin, Jean-Claude Lassegues s’est penché sur la construction de la première église paroissiale près du château de Navailles peu avant la révolution.

L’incertitude demeurant quant à sa construction, voici que des compléments d’information viennent étayer cette hypothèse.

« Dans le compte rendu du conseil municipal d’Aubertin du 20 janvier 1806, il est dit que l’instituteur fait son école “sous le porche de l’église succursale”. Je n’arrivais pas à imaginer que l’instit d’Aubertin allait faire classe sous le porche de l’église de Lacommande. Je pense maintenant que l’église près du château était encore debout en 1806 et que c’est sous son porche que se tenait l’école. C’est plus logique. Cette église ne sera démontée qu’en 1808. J-Cl »

Voici l’articl paru en décembre 2013 dans le n° 108 de la revue Généalogie des Pyrénées-Atlantiques, intitulé « La première église paroissiale », Jean-Claude Lassègues apporte des précisions intéressantes sur la construction de la première église d’Aubertin.

« Aubertin fut érigé en paroisse en 1773 et l’église construite peu après ». Cette phrase, maintes fois transcrite et retranscrite dans divers sites et ouvrages, a fini par acquérir une certaine légitimité par la force de l’habitude. Pourtant, elle est fortement sujette à caution car, en 1773, Aubertin est déjà une paroisse à part entière depuis des siècles. Elle émarge par exemple pour 46 feux sous le nom d’Aubertii dans le dénombrement de Gaston Febus en 1385 (1). D’autre part, il n’y a pas trace sur le terrain d’une église qui aurait été construite peu après 1773, l’actuelle église Saint-Augustin ayant été érigée entre 1862 et 1867 sur un emplacement vierge.

La question se pose donc de déterminer l’origine de cette formulation surprenante et la part de vérité qu’elle recouvre.

UNE SOURCE POSSIBLE

Un contemporain de cette affaire, l’abbé Bonnecaze, a beaucoup écrit sur le Béarn et, en particulier, son « Histoire particulière des villes, bourgs et villages principaux du Béarn » a connu une large diffusion. A propos d’Aubertin, on lit (2) :

Grand village composé de hameaux et très étendu. Les eaux y sont excellentes. Il fournit 10 hommes pour la milice du bataillon d’Oloron. Cette paroisse se divise en deux parties, sçavoir le quartier de La Comande qui appartient aux RP. Barnabites (3) qui en sont abbés ecclésiastiques, nomment le Curé qui a 1200 livres de son bénéfice.
L’Eglise paroissiale est à La Comande.
Aubertin est une paroisse appartenant à M. de Mirepeix, et dépend de La Comande pour le spirituel. En cette année 1773, les habitants d’Aubertin ont présenté requeste par devant l’Evêque pour obtenir une église dans leur directe. Ce qui leur a été
accordé après la procédure de commodo et incommodo. Les décimateurs furent, donc, assignés pour se rendre sur le lieu et fixer l’emplacement de 1a future église. M. de Mirepeix, seigneur et part-prenant à la dîme, s’y rendit le lundi de la Pentecôte 1773.
La Communauté délibéra en présence du dit seigneur et le local de l’église fut fixé et indiqué à 400 pas de la maison seigneuriale on a de suite commencé à jeter les fondements de ladite Eglise.

Malgré toutes les réserves qui ont pu être faites sur la fiabilité des considérations historiques de Bonnecaze (4), il semble rapporter ici des faits incontestables. Il ne peut pas avoir inventé que la communauté d’Aubertin et Louis-François de Navailles, baron de Mirepeix se réunissent le lundi de la Pentecôte 1773 (5) et décident de la construction d’une église à 400 pas (6) du château. Ceci avec l’accord de l’évêque d’Oloron, François de Révol, suite à une procédure de commodo et incommodo (7).

Cependant, Bonnecaze n’était pas forcément au courant de tous les aspects, au demeurant fort complexes, de la situation locale. Ceci explique sans doute que son texte comporte quelques formules imprécises qui posent problème. Il va s’avérer crucial de les décrypter pour comprendre le contexte dans lequel est né ce projet de construction d’église et la suite des évènements.

Une seule paroisse sur deux domaines

D’après Bonnecaze, Aubertin est une paroisse appartenant à Monsieur de Mirepeix, mais elle se divise en deux parties : Aubertin proprement dit et le quartier de La Commande, appartenant aux barnabites et comportant l’église paroissiale. Voici déjà une situation un peu embrouillée. Elle n’est pourtant pas nouvelle car elle existe pratiquement depuis les origines de l’hôpital du Faget d’Aubertin auquel succéda la commanderie d’Aubertin, puis La Commande d’Aubertin (8). Cependant, elle prend un tour particulièrement concret au milieu du XVIIe siècle. C’est en effet le 30 juin 1640 que Jean d’Artiguelouve, seigneur d’Artiguelouve et d’Aubertin, vend le château et les terres d’Aubertin à François de Navailles, baron de Mirepeix. Pratiquement à la même époque, dans les années 1640-1642, les barnabites reprennent en main la commanderie d’Aubertin tenue avant la Réforme, et depuis les origines, par des chanoines réguliers de Saint-Augustin. Aussi bien la famille Navailles-Mirepeix que les barnabites resteront en place jusqu’à la Révolution. Ce partage de la propriété foncière apparaît de façon très détaillée dans le dénombrement présenté par les barnabites en 1768 (9) et par le seigneur de Navailles-Mirepeix en 1776 (10).

Pourtant, ces deux domaines bien distincts doivent s’accommoder de l’existence d’une seule église et d’un seul cimetière et ils constituent donc une seule paroisse. La carte de Cassini, établie justement en 1773, ne comporte que la mention Aubertin, même si le château et l’église Saint-Blaise sont bien représentés. Mais les meilleurs témoins de cet état de fait sont les registres paroissiaux : jusqu’en 1867, les baptêmes, mariages et sépultures de tous les habitants d’Aubertin et de La Commande seront consignés en l’église Saint-Blaise (11).

Une mainmise spirituelle contraignante

La phrase selon laquelle Aubertin dépend de La Comande pour le spirituel va de pair avec un article que les barnabites ont pris soin d’inclure dans leur dénombrement de 1768 :

Les dits religieux en la qualité de commandeurs sont en droit et possession de nommer à la cure qui comprend le lieu de la Commande et celuy d’Aubertin, sans que dans le dit lieu d’Aubertin il se puisse batir aucune église paroissiale ni oratoire sans le consentement des dits religieux, le tout étant réglé par un acte de paréage passé entre le prince Roger Bernard et Marguerite, seigneurs de Béarn et le commandeur d’Aubertin le mercredi avant la fête de St Laurens l’an 1297.

Cet article est tout sauf anodin. Non contents de nommer le curé et de posséder l’établissement religieux, les barnabites gèlent la fondation de toute église paroissiale ou oratoire à Aubertin au nom d’un contrat de paréage de 1297 (12). Pourtant, sur un total d’environ 1500 paroissiens, Aubertin en regroupe les 7/8.

Comment les Aubertinois vivent-ils une telle contrainte ? Nul doute qu’ils aspirent à une indépendance « spirituelle » en construisant leur propre église. Ce n’est qu’à ce prix qu’ils peuvent constituer une paroisse indépendante. Ils ont dans leur camp un personnage puissant, le seigneur de Navailles-Mirepeix, mais la position des barnabites est tout aussi forte car le Pape et le roi les ont été installés dans les possessions de Sainte-Christine en 1610, avec une mission de prédicateurs et d’enseignants. Ils sont bien implantés en Béarn et ont une réputation de redoutables procéduriers.

Une « location » coûteuse

Les Aubertinois fréquentent donc une église qui appartient à des religieux depuis le XIIe siècle. Ils sont tenus de financer, dans une proportion de 7/8, toutes les dépenses afférant à l’église, au cimetière et au presbytère, sans parler du curé qui a 1200 livres de son bénéfice en 1773 et qui bénéficiera d’un salaire après la Révolution. Les Lacommandais rechignent souvent à payer le 1/8 qui leur échoie alors même qu’ils bénéficient de la proximité de l’église et de tous les avantages annexes (école, auberges etc.). Cette situation entraîne de très nombreux litiges et procès à l’occasion des réparations des bâtiments ou du salaire du curé. La simple refonte d’une cloche va donner lieu à des chicanes sans fin vers 1783 (13).

Il n’est pas certain que les Aubertinois aient pleinement conscience de leur statut de « locataires ». Principaux financeurs et utilisateurs pendant des siècles, ils finissent par considérer que c’est leur église et leur cimetière qui se trouve dans ce quartier excentré de La Commande. Ceux qui prennent connaissance de l’article du dénombrement de 1768 dans lequel les barnabites décident ou non de la construction d’une église à Aubertin ont dû être passablement choqués. La déconvenue sera encore plus grande à la Révolution lorsque la commune de Lacommande deviendra automatiquement propriétaire de l’église et du cimetière
après le départ des barnabites..

La Bayse sépare deux évêchés

Lorsque Louis-François de Navailles décide de contrer les barnabites et de faire construire une église à Aubertin, il se rapproche de l’évêque d’Oloron François de Révol (1742-1783) qui n’est pas en très bons termes avec les barnabites. De fait, Mgr de Révol soutiendra sans réserve le projet de construction d’une église à Aubertin. Cependant, son successeur, Mgr de Faye sera beaucoup moins enthousiaste. En particulier, il ne manquera pas
de faire remarquer que le territoire de La Commande est bien situé dans son diocèse d’Oloron, mais que celui d’Aubertin dépend du diocèse de Lescar.

Donc, une difficulté supplémentaire surgit dans le projet de construction d’une église à Aubertin et de son rattachement, ou non, à celle de La Commande : ces lieux dépendent de deux diocèses distincts.

L’éternel problème du financement

Le texte est muet sur la question du financement. Il signale simplement que M. de Mirepeix, seigneur et part-prenant à la dîme, était accompagné des décimateurs, assignés pour se rendre sur le lieu de construction de la future église.

On ne sait pas qui sont ces décimateurs. Par contre, il est certain que les ressources financières de la communauté d’Aubertin sont assez limitées. Contrairement à beaucoup d’autres communautés voisines, elle ne dispose pas d’un important domaine forestier qui lui permette de faire des coupes de bois. Nous verrons qu’elle n’a que deux moyens de constituer un budget : l’impôt ou la vente de terrains communaux.

Dans ces conditions, la question du financement va effectivement constituer l’obstacle majeur pour la construction de l’église.

En conclusion, il est fort possible que les écrits de l’abbé Bonnecaze soient à l’origine de la phrase passe-partout selon laquelle « Aubertin fut érigé en paroisse en 1773 et l’église
construite peu après ». Par chance, il existe plusieurs documents incontestables, issus de la communauté d’Aubertin et des administrations locales, qui permettent d’étayer l’ensemble des points précédents et de suivre l’évolution de l’affaire après 1773.

DES INFORMATIONS DE PREMIÈRE MAIN

Le projet de construction de l’église d’Aubertin tient une grande place dans un document des Administrations Provinciales qui couvre la période 1784-1789 (14). Quant aux problèmes que rencontrent les Aubertinois dans cette période, ils apparaissent par exemple à propos de la réparation du presbytère (15) et dans les comptes rendus du conseil municipal, après 1792 (16). L’analyse de ces documents fait clairement apparaître quatre phases distinctes : l’élaboration du projet en 1773-1774, une période d’atermoiements et d’incertitudes de 1775 à 1787, la reprise du projet en 1787-1788 et enfin, à partir de 1789, une zone de turbulences dans laquelle tout est remis en cause.

La réalité du projet

Durant les années 1773 et 1774, les opérations sont menées tambour battant à l’instigation du seigneur de Navailles et de l’évêque d’Oloron. Les décisions de principe sont prises en 1773 et l’année 1774 voit l’ingénieur Gleizes établir des plans et des devis très détaillés, à partir desquels les travaux peuvent être mis aux enchères (17).

L’église paroissiale d’Aubertin qu’on doit construire sera placée au local appelé de Caussitou qui a été choisi et destiné à cet usage conformément à l’indication donnée dans le procès verbal du commissaire vicaire général député du 5 mars 1773, le dit terrain confrontant du midi avec le vignoble de Caussitou dit Medalou entre deux chemin public qui conduit au bourg du Plaa et d’autre côté terres appartenant au Seigneur d’Aubertin…

L’emplacement choisi, à environ 250 m du château, peut être facilement localisé sur le cadastre napoléonien ou sur le cadastre actuel. En effet, il ne peut être situé qu’au bord de la route (inchangée) qui mène au château. Toute autre direction conduirait vers un terrain trop en pente.

Mais revenons au descriptif et devis de Gleizes. Les plans de l’édifice auxquels il fait référence ont malheureusement disparu. Le texte reste cependant très détaillé et permet d’évaluer les dimensions de l’édifice (18). Le corps principal est un rectangle de 26,5 x 11,1 m à l’extérieur et 22,3 x 8,3 m à l’intérieur. Le porche d’entrée principale et le clocher regardent le château, vers le couchant, alors que l’autel est tourné vers le levant, comme il se doit. Le clocher culmine à 26,9 m. Sur le mur Nord se greffe une petite chapelle et sur le mur Est une sacristie. Le mur Sud comporte une entrée secondaire à l’usage de la majorité des paroissiens qui arrivent par le chemin qui passe devant la maison Toulas. Un escalier intérieur dessert deux tribunes et le clocher. Cette église a sensiblement les mêmes dimensions que l’église
Saint-Blaise de Lacommande ou que la future église Saint Augustin d’Aubertin. Pour aplanir l’emplacement, il est prévu de dégager près de 300 m3 de terre.

Le dossier établi par Gleizes remonte au niveau de M. Daine (ou d’Aine), Intendant en Navarre et Béarn, qui prend acte du projet dès le 7 juin 1774 et demande à la communauté d’Aubertin d’indiquer les moyens qu’elle entend utiliser pour financer l’opération.

Notons que le texte de Bonnecaze relate qu’en 1773 on a de suite commencé à jeter les fondements de ladite Eglise. Gleizes précise qu’il s’agit de fouilles effectuées pour déterminer la nature du sol et, en particulier, la profondeur à laquelle se trouve le rocher sur lequel viendront s’appuyer les fondations. Cette opération préliminaire était indispensable pour établir le devis de construction.

Les difficultés de mise en oeuvre

C’est bien le financement qui va poser le plus de problèmes. Monsieur de Navailles- Mirepeix a fourni le terrain et il est stipulé, dans le texte du 7 juin 1774, que la communauté devra financer la construction, déduction faite de la somme que le Baron de Mirepeix entend fournir pour les ouvrages de la dite église. En fait, on n’entendra plus parler de cette contribution financière. Par contre, un débat sans fin va s’ouvrir au sein de la communauté pour savoir dans quelle proportion seront utilisées les deux sources possibles de financement :

– La vente de biens communaux. Ce sont essentiellement des parcelles de terrain disséminées sur l’ensemble du territoire d’Aubertin.

– L’impôt. Selon l’expression de l’époque, il est prélevé, soit « au marc la livre de la taille », soit « au marc la livre de la capitation ». « Au marc la livre » signifie « proportionnellement à » (19). La taille et la capitation sont des impôts directs de l’Ancien Régime, maintenus jusqu’à la Révolution (20).

Tout ceci débouche sur une longue période d’indécision. Les discussions sur la construction de cette église d’Aubertin ne vont vraiment redémarrer qu’en 1787. Comment expliquer qu’un projet aussi bien parti ait été mis en sommeil pendant près de 13 ans ? Les textes sont muets sur cette question, mais les causes de retard ne manquent pas et on peut facilement identifier les plus évidentes.

Comme nous l’avons déjà signalé, la communauté d’Aubertin n’a pas beaucoup de ressources financières. De plus, aux dépenses récurrentes et incompressibles, vont venir s’ajouter des dépenses imprévues et des calamités particulières.

Au chapitre des affaires courantes figurent diverses dépenses qui sont énumérées dans le compte-rendu d’une assemblée générale de la communauté d’Aubertin du 6 mai 1786. Ainsi, la communauté doit débourser annuellement (21) :

– 18 livres pour les étrennes faites au Seigneur du lieu,

– 12 livres pour la revue des soldats passée à Sainte-Marie,

– 15 livres pour la confection des rôles pour la taille, la capitation ou le vingtième (22),

– 12 livres pour 12 messes que le curé célèbre chaque année pour la conservation des fruits,

– 14 livres pour la garde des archives, l’achat d’une rame de papier, la location d’une chambre où se tient le parquet,

– 1 livre pour aller chercher les saintes huiles à Oloron,

– 96 livres pour les luminaires (de l’église)

– 16 livres pour le (?) de 16 délibérations passées depuis le début 1785

– 3 livres pour 5 conterolles ( ?) de 5 délibérations

– 9 livres pour l’huile des lampes

On peut aussi considérer que l’entretien de l’église, du cimetière et du presbytère de La Commande font partie des dépenses courantes, tant ces questions reviennent régulièrement sur le devant de la scène. Ainsi, il existe un énorme dossier sur les réparations du presbytère dans les années 1778-1781 (23). C’est le dénommé Piqué, charpentier d’Aubertin, qui obtient l’adjudication des travaux pour un montant de 1050 livres. Le curé Laborde est censé financer 1/6 de cette somme, mais il fait les pires difficultés pour s’exécuter. La part qui revient aux Aubertinois est de 765 livres et, le 10 mars 1781, ils réclament à l’Intendant la permission

de faire la levée nécessaire au marcq la livre de la taille sur tous les habitants et bien-tenants possédant des fonds dans le lieu d’Aubertin, attendu que le comité a trouvé le moyen le plus convenable en prenant cette voyée et que si au contraire la levée était faite au marcq la livre de la capitation elle se trouverait lésée rapport à 15 métairies qui sont possédées par des étrangers qui jouissent les plus beaux domaines de toute la paroisse et qui ne payent point de capitation non plus que leurs domestiques et servantes.

Un autre problème complique aussi régulièrement la vie des Aubertinois. Il s’agit de l’entretien de la voirie. En effet, celle-ci est en fort mauvais état et, en plus, il arrive fréquemment qu’un riverain modifie le chemin en effectuant des travaux illicites. Les jurats s’emploient d’abord à régler les litiges et ensuite à organiser et financer des travaux de réparation. L’état des chemins est un grand sujet de préoccupation car il conditionne le transport des produits de la terre vers les marchés environnants. Dans une supplique envoyée à l’Intendant Boucheporn le 23 août 1786, les habitants, par la voix de leur syndic Brana, signalent que :

une des plus vastes communautés du Béarn, qui abonde en denrées de primeur est forcée de les confondre dans son sein sans pouvoir en tirer parti en dehors par la déficience du transport : telle est la triste perspective que présente la communauté
d’Aubertin.

Citons à nouveau l’abbé Bonnecaze à propos des Aubertinois :

Les habitants d’Aubertin sont d’un caractère vif et actif. Ils sont bons vignerons et généralement arboristes aussi lèvent-ils des fruits excellents au goût et de conserve.

Encore faut-il que ces fruits excellents puissent être transportés dans de bonnes conditions vers les marchés avoisinants et que les conditions climatiques soient favorables. Or, il se trouve justement que la décennie 1770-1780 voit se succéder des étés pourris, des hivers trop doux ou trop rigoureux, des gelées, des brouillards de printemps et des orages qui achèvent de détruire les récoltes. Il faut attendre l’année 1779 pour retrouver une récolte abondante.

Dans la même période se produit une épizootie d’une ampleur inédite qui va priver les habitants de leurs animaux de trait. Des épidémies de charbon étaient déjà apparues épisodiquement, mais la peste bovine qui démarre en juin/juillet 1774 est foudroyante. Elle aurait été importée de Hongrie ou de Hollande par le port de Bayonne et elle se répand à grande vitesse de foire en foire et par les maquignons. Aucun remède n’est disponible pour l’arrêter. Les chiffres exacts ne sont pas connus pour Aubertin, mais ils doivent être comparables à ceux d’Artiguelouve où ne survivent que 35 bovins sur un total de 279 (24). Ces chiffres sont conformes à la disparition moyenne de 80 % du cheptel bovin béarnais. Seuls quelques rares villages en vallée de Baretous échappent à cette épizootie hautement contagieuse. Pour reconstituer le cheptel, les habitants vont être obligés d’emprunter et donc de s’endetter (25).

Au malheur du bétail s’ajoute celui des hommes avec des hivers très rigoureux et des épidémies de bronchite qui doublent la mortalité entre 1774 et 1777 (26). En cette même année
1774, Louis-François de Navailles perd son épouse Anne Christine de Noguès d’Assat, peu de temps après la naissance d’une seconde fille, Marie-Philippine. Par la suite, il est amené à
vendre beaucoup de ses biens pour rembourser des dettes et constituer une dot pour sa première fille Henriette qui se marie en 1785 avec le duc d’Aiguillon. A partir de 1783, la santé de Louis-François de Navailles nécessitera la présence permanente d’une aide soignante. Autant dire que son intérêt pour la construction d’une église près de son château a dû rapidement être submergé par de gros soucis personnels.

L’autre acteur principal, l’évêque d’Oloron François de Révol, est aussi rattrapé par des problèmes de santé et il décède le 27 avril 1783.

Il s’avère donc que le démarrage du projet de construction de l’église d’Aubertin a été entravé pendant une dizaine d’années par tout un ensemble de circonstances très défavorables.

Reprise du projet en 1787-1789

Il faut attendre une assemblée générale du 15 septembre 1787 pour voir les habitants remettre à l’ordre du jour le devis de Gleizes et l’année 1788 pour assister à une accélération des démarches. L’Intendant Boucheporn est contacté afin d’obtenir la permission de vendre des fonds communaux et de prélever un impôt pour le financement. Il répond favorablement et ordonne une mise à l’adjudication des travaux. C’est le subdélégué Perrin qui va procéder à cette adjudication au rabais dans son bureau à Pau, le 5 mai 1788, toujours sur la base des plans et devis établis par Gleizes en 1774. Plusieurs candidats se présentent. François
Lalanne, charpentier à Ste-Marie d’Oloron commence par proposer d’effectuer les travaux pour 19000 livres. Toulas fils, d’Aubertin, propose 17000 livres, puis Jacques Doux charpentier de Ste-Marie 16500 livres. Toulas fils d’Aubertin revient pour 16000 livres, mais c’est François Lalanne qui emporte finalement le marché pour 15900 livres. Rappelons que Gleizes avait évalué le coût des travaux à 16353 livres en 1774.

Par ailleurs, la communauté décide d’identifier précisément les biens communaux et de faire estimer leur valeur. Elle fait appel aux services d’un arpenteur d’Esquiule, M. Ranjart. Le travail débute le 19 août 1788 et trente huit lopins sont arpentés et évalués. Leur valeur totale est d’environ 9000 livres.

Cependant, alors que tous les éléments sont réunis pour que la construction démarre, certains habitants déclarent ne plus être d’accord avec la vente des communaux car ils les considèrent d’une nécessité indispensable à l’entretien du bétail. Le subdélégué Perrin s’insurge contre cette demande en rappelant que :

les dénommés Binguères, Terrabert, Laplume, Sedze, Peyré, Lanot, Larriu, Lacourrèges ont eux-mêmes acquis plusieurs communaux quand j’en ai donné l’adjudication les 29 7bre, 6 et 13 8bre derniers. Comment donc en même temps pouvaient-ils demander qu’on surseoit aux ventes tandis qu’ils acquéraient euxmêmes ?

Pour pimenter encore l’affaire, l’arpenteur Ranjart s’adresse à Perrin pour accuser la communauté d’Aubertin de non-observation des accords passés. En particulier, son travail d’arpentage ne lui aurait pas été intégralement payé.

D’autres habitants estiment qu’avant de commencer la construction de l’église, il est indispensable de savoir si elle sera paroissiale ou succursale (27). Dans le premier cas, il y aurait
séparation en deux paroisses ayant chacune son église. Dans le second, l’église d’Aubertin resterait succursale de celle de La Commande dans le cadre d’une paroisse unique. Or, les Aubertinois rappellent que les barnabites et le curé ont tout fait pour contrarier la construction de la nouvelle église d’Aubertin, ce qui les incite évidemment à constituer une paroisse indépendante. A nouveau le subdélégué Perrin est agacé par ce qu’il appelle des
« tracasseries ecclésiastiques ». Cette affaire est du ressort de l’évêque d’Oloron et, quelle que soit sa décision, Perrin estime que :

les ouvrages ne devraient pas pour cela être discontinués parce que quelque dénomination qu’on donne à l’église, dès que c’est la seule qu’il y ait à Aubertin, elle doit être proportionnée au nombre des habitants et c’est d’après cette règle que le devis en a été fait et autorisé après avoir été approuvé tant par les suppliants que
par tous les autres.

Toutes ces péripéties ne nous éclairent pas beaucoup sur un point très important : Quand les travaux de construction de l’église ont-ils vraiment commencé ?

Au détour d’un énième échange de courrier entre la communauté et le subdélégué Perrin, on apprend que ce dernier consent à la vente de terrains communaux supplémentaires à
concurrence de 7200 livres. Cette décision est en partie motivée par le fait que l’adjudicataire presse pour être payé des travaux déjà faits. Ceci se passe le 8 août 1788 et constitue une des rares indications d’un début de construction. Cependant, il ne peut s’agir à cette date que de la première phase concernant l’aplanissement du terrain et les fondations. Rappelons en effet
que l’adjudicataire Lalanne n’a emporté le marché que le 5 mai 1788, soit seulement 3 mois auparavant.

Les bouleversements de la Révolution

Sur ces entrefaites arrive la Révolution française. Ironie de l’histoire, la très emblématique date du 14 juillet 1789 est marquée localement par un courrier de l’évêque d’Oloron, Mgr de Faye, à l’adresse des Aubertinois, disant qu’il n’a aucune connaissance légale de la construction d’une église à Aubertin ! Lacommande est bien dans son diocèse, mais Aubertin dépend de celui de Lescar.

Cependant, cette distinction entre diocèses va rapidement devenir obsolète. En effet, les évêchés de Lescar et d’Oloron sont officiellement supprimés le 19/11/1801 et rattachés à celui de Bayonne. D’autre part, le dernier évêque de Lescar, Marc Antoine de Noé, émigre en 1790 tandis que le dernier évêque d’Oloron Barthélemy-Jean-Baptiste Sanadon, n’exerce que
jusqu’en 1793.

Bien que la Bayse ne sépare plus deux diocèses, les discussions byzantines sur la nature paroissiale ou succursale de la future église d’Aubertin se poursuivent et les opinions restent très partagées. C’est ainsi que le 2 septembre 1789, une partie des habitants, menés par Pierre Peyré dit Bergerou, s’opposent aux jurats sur cette question. Il faut bien reconnaître que les données du problème ont radicalement changé. Les villages d’Aubertin et de Lacommande sont désormais séparés en deux communes distinctes, et, à ce titre, Lacommande devient propriétaire de l’église et du cimetière. Les biens du clergé, et donc ceux des barnabites à Lacommande, sont nationalisés par un décret du 2 nov. 1789, mais les communes sont désormais chargées d’assurer le salaire du curé. Quant à Louis-François de Navailles, il se
réfugie en Espagne et ses biens, comme ceux de tous les émigrés, sont confisqués par décret du 30 mars 1792.

Dans le même temps, la mauvaise volonté de certains Aubertinois ne se dément pas. En effet, des fonds communaux ont finalement été vendus pour un montant d’environ 6000 livres, mais certains acquéreurs (Salenave, Lamaisouette, Catihaut cadet, Baherle ) refusent de payer. Il faut que le syndic général de la communauté, Lanardonne, s’adresse à l’intendant Boucheporn et à son subdélégué Perrin pour que le garde boursier d’Aubertin procède à une saisie. Tout ceci se passe fin août 1789 et il est possible que le désordre ambiant inspire quelques écarts de comportement dans la communauté.

Que deviennent les travaux de construction de l’église alors que le financement n’est pas assuré, que le seigneur de Navailles, l’évêque d’Oloron et les barnabites ont disparu de la scène ? Nous ne disposons d’aucun document pour le savoir. Par contre, il est très clair qu’une nouvelle idée se fait jour dans la communauté d’Aubertin. Ainsi, lors d’une séance du 30 pluviose an 12 de la République Française (20/02/1804), le conseil municipal exprime
pour la première fois le désir des habitants de bâtir une petite église vers le centre de la commune.

Considérant enfin que le desservant de l’église a manifesté l’impossibilité où il se trouve de desservir lui seul les communes d’Aubertin et de Lacommande qui sont d’une étendue immense et dont la population est de plus de douze cent ames et qu’il faudrait un autre prêtre pour l’aider dans les fonctions du culte. Que nous sommes instruits que les habitants ne sont pas éloignés de concourrir à ce qui serait nécessaire à cet égard, pourvu que le prêtre puisse résider vers le centre de la commune d’Aubertin afin d’être à portée d’administrer en tout lieu les sacrements même de dire la messe dans une petite église qu’on se propose de bâtir si M. l’Evêque veut y donner son approbation.

Ce désir est encore plus explicite le 14 mai 1808 :

Considérant que la construction de la chapelle n’ayant pas eu son effet que les réflexions ont porté les habitants à penser qu’il serait plus convenable de construire une église vers le centre de la commune et assez vaste pour contenir la généralité des habitants et de la faire ériger en succursale[]
Qu’à cet effet le Maire sera autorisé de faire démolir l’église actuelle pour se servir des matériaux et des autres objets nécessaires au culte. 

Non seulement les Aubertinois veulent construire une nouvelle église à leur convenance, au centre du village, mais, en plus, ils n’hésitent pas à démolir « l’église actuelle » pour en utiliser les matériaux. Cela prouve que cette église actuelle a une réalité, même si rien n’est dit sur son état d’avancement ou de ruine. En tout cas, elle a été démontée sans laisser de traces au sol.

Il est plus que probable que son plus ardent promoteur, Monsieur de Navailles, n’a même pas vu le début de la construction car il est parti en Espagne aux premiers jours de la Révolution.

UNE DOCUMENTATION INÉDITE DE 1794

Très récemment, Francis Paul, dernier propriétaire du château de Navailles dans la lignée des Peyré (28), a communiqué à la Mairie d’Aubertin un ensemble de documents qui viennent éclairer les débats. Il s’agit de l’adjudication du château et des parcelles environnantes effectuée le 1er novembre 1794. Une carte très détaillée décrivant les différentes parcelles, leur surface, leur nature et leur mise à prix a été établie pour l’occasion (29).

Le château, appelé maison principale, est entouré d’une grange et d’une écurie. Au nord, du château, un chemin descend vers le quartier du Plaa, la route actuelle n’existant pas. Quant au chemin d’exploitation au sud du château, son curieux tracé géométrique suggère l’existence d’un ancien mur d’enceinte. Les 15 autres lots sont ainsi mis en vente et adjugés, la plupart à Bernard Peyré dit Bergerou.

Mais le plus important pour notre propos, est la présence sur la carte d’une église à l’endroit attendu, au bord du chemin d’accès au château, sur un terrain qui était à l’époque communal puisqu’il n’est inclus dans aucune des parcelles mises en vente. Son existence, fin 1794, prouve que cette église ne fut pas détruite à la Révolution, contrairement à ce qui est parfois avancé. Une fois de plus, ce qui est vraisemblable n’est pas forcément historique.

Commencée en 1788, l’église a donc été construite en moins de 5 ans. Elle semble être de plus petite taille que celle prévue dans les plans de Gleizes, ce qui justifierait le terme de chapelle utilisé par le conseil municipal en 1808 et le désir de construire une église vers le centre du village assez vaste pour accueillir la généralité des habitants.

Extrait de la carte utilisée pour la vente en 16 lots des biens de Louis François de Navailles-Mirepeix.

Dans le cadastre napoléonien de 1833, le souvenir de la grange (parcelle n°77) subsiste, mais l’écurie, l’église et les deux chemins ont disparu. Le fils de Bernard Peyré dit Bergerou , qui se nomme aussi Bernard, est devenu propriétaire de l’ensemble. Il possède les parcelles 74 à 82 autour du château.

La parcelle 74 est une vigne, sans doute depuis des temps immémoriaux vu son exposition idéale. Elle est exploitée encore de nos jours par la Cave des Producteurs de Jurançon à Gan pour produire le cru « Château de Navailles ». La parcelle 75 est qualifiée de « pâture ». Le château, sur la parcelle 76, est appelé « grange », ce qui signifie que Bernard Peyré, qui habite à Lacommande, se sert de ce bâtiment pour l’exploitation des terres et vignes attenantes. Le château a certainement subi des dégradations Il avait en effet en 1794 un plan plus complexe. La petite parcelle adjacente 77, notée « terrain vague », correspond à
l’implantation de la grange de 1794. Les parcelles 78 et 79 sont notées « taillis » et la parcelle 80 « échalassière ». Les parcelles 81 et 82 sont des prés.

Cadastre napoléonien de 1833

ÉPILOGUE

En conclusion, quel crédit accorder à la phrase selon laquelle « Aubertin fut érigé en paroisse en 1773 et l’église construite peu après (30) » ?

Incontestablement, il y a eu à Aubertin en 1773 un désir bien affirmé de constituer une paroisse indépendante autour d’une nouvelle église. Ce projet, porté par Louis-François de Navailles, baron de Mirepeix, et par l’évêque d‘Oloron François de Révol a démarré très fort malgré les réticences des barnabites. C’est dans cette phase d’enthousiasme initial qu’intervient le témoignage de l’abbé Bonnecaze.

Cependant, quantité de facteurs défavorables s’accumulent dès 1774 et au cours des années suivantes, de telle sorte que l’adjudication du chantier ne s’effectue que le 5 mai 1788. Quant à la construction elle-même, elle débute juste à la veille de la Révolution alors que Louis-François de Navailles-Mirepeix, déjà fort malade, ne va pas tarder à émigrer (31).

Malgré tout, l’église a été construite en moins de 5 ans puisqu’elle est présente sur le plan de 1794, mais nous avons vu qu’il s’agit sans doute d’une petite chapelle, insuffisante pour accueillir tous les habitants. Le fait que la municipalité ait décidé de la démonter en 1808 indique aussi qu’elle n’a existé que pendant une vingtaine d’années et il est probable qu’elle n’a jamais été utilisée.

Après la Révolution, les Aubertinois n’ont pas continué à soutenir ce projet qui était surtout celui de leur seigneur. Ils ont plutôt milité en faveur de la construction d’une église au centre du village. Cette église Saint-Augustin sera finalement inaugurée en août 1867, date à laquelle les deux communes d’Aubertin et de Lacommande vont constituer deux paroisses distinctes (32).

Petite incidence de tout ce qui précède sur le travail du généalogiste, les habitants d’Aubertin et de La Commande se retrouvent dans les registres paroissiaux à la rubrique « Aubertin » de 1697 à 1792. A partir de 1793, les registres communaux d’Aubertin et de Lacommande sont distincts, mais les registres de catholicité, qui démarrent en 1807, restent communs jusqu’en 1867, cette fois à la rubrique « Lacommande » puisqu’ils sont tenus en l’église Saint-Blaise et qu’il n’existe pas d’église à Aubertin jusqu’à cette date.

Références et notes

1. RAYMOND (Paul), Dénombrement général des maisons de la vicomté de Béarn en 1385 par ordre de Gaston Febus, Pau, Manucius, 2000, p 126.

2. BONNECAZE (abbé), Histoire particulière des villes, bourgs et villages principaux du Béarn, Études historiques et religieuses du Diocèse de Bayonne, 1900 (A9), p. 480.

3. L’ordre religieux des barnabites, aussi appelés clercs réguliers de Saint-Paul, fut fondé à Milan en 1530.
4. Dans son avant-propos sur les variétés béarnaises de l’abbé Bonnecaze, publié dans le Bulletin de la Société des Sciences, Lettres et Arts de Pau, IIème série, Tome 34, 1906, p.6, l’abbé Dubarat est particulièrement sévère : « Bonnecaze n’a aucune valeur comme historien du passé ; mais c’est un « curieux » intrépide qui copie beaucoup de documents et décrit parfois les usages et les moeurs de son temps »

5. En 1773, le lundi de la Pentecôte tombe le 31 mai.

6. Environ 250 mètres si l’on considère que le pas valait 0,624 m en Béarn sous l’Ancien régime.

7. Enquête préalable destinée à établir les avantages et les inconvénients de l’opération.

8. LASSÈGUES (Jean-Claude), LACOMMANDE, de l’hôpital à la commanderie et au village, Centre généalogique des Pyrénées-Atlantiques, Pau, 2012.

9. ADPA B5761 Aveux et dénombrements de Béarn. Le P. Lagarde, syndic des barnabites de Lescar, pour la commanderie d’Aubertin ; publications et arrêt de vérification.

10. ADPA B5761 (2MI16/303), Aveux et dénombrements de Béarn, Louis-François de Navailles-Mirepeix, pour la seigneurie d’Aubertin ; publications et arrêt de vérification.

11. Fondée vers 1130-1140, juste après l’hôpital du Faget d’Aubertin, cette église fut consacrée à saint Blaise au XVIe siècle.

12. LASSÈGUES (Jean-Claude), Une bastide à Lacommande en 1297 ? Revue de Pau et du Béarn, vol. 38, 2011, p 91.

13. ADPA AC Lacommande, compte rendu du conseil municipal du 13/12/1783.

14. ADPA, C414

15. ADPA, C14

16. ADPA, AC Aubertin

17. ADPA, C414, pp 94 à 145

18. Le système métrique n’est pas encore d’actualité et les longueurs sont exprimées en pouce (2,7 cm), empan (23,2 cm), pied (32,5 cm), cane (8 empans, soit 185,6 cm) ou toise (194,9 cm).

19. A l’origine, marc et livre étaient des unités de poids. Ensuite, livre a été assimilée à l’unité de monnaie, si bien que l’on utilisera ensuite « au marc le franc » pour désigner un impôt prélevé en francs proportionnellement à la taille ou à la capitation.

20. Dans les pays d’oc, incluant le Béarn, la taille est dite réelle et son montant est réparti selon la richesse réelle de chaque famille. Elle est assise sur les biens roturiers. Une terre noble est exemptée de fiscalité, mais non une terre roturière, même si elle appartient à un gentilhomme ou à un ecclésiastique. La capitation, impôt par tête, s’applique à tous les habitants du royaume qui sont répartis en 22 classes selon leur fortune. Seul le clergé ne paie pas cet impôt.

21. ADPA C414 pp 46-48

22. Le vingtième est un impôt créé en 1750. Il concerne tous les habitants, privilégiés ou non, et s’élève approximativement au vingtième des revenus.

23. ADPA, C14.

24. ADPA C1317.

25. Christian Desplat, le crédit et la reconstruction des campagnes béarnaises, dans Endettement paysan & crédit rural dans l’Europe médiévale et moderne, M. Berthe Ed., P. U. du Mirail, 1998, p. 337.

26. LASSÈGUES (Jean-Claude), LACOMMANDE, de l’hôpital à la commanderie et au village, Centre généalogique des Pyrénées-Atlantiques, Pau, 2012.pp. 82-83.

27. Succursale est un terme religieux ancien qui désigne une église créée afin de suppléer à l’insuffisance de l’église paroissiale pour cause d’augmentation de la population et/ou d’un trop grand éloignement de l’église paroissiale. Les habitants qui fréquentaient l’église succursale n’étaient pas dispensés de financer l’église paroissiale dont ils dépendaient.

28. La lignée Peyré commence avec Pierre Peyré, natif de Doumy, qui vient se marier en 1745 à Aubertin avec Marie Bergerou. Il s’appellera désormais Pierre Peyré dit Bergerou et deviendra jurat d’Aubertin. Il décède en 1791 et c’est son fils aîné
Bernard (°1751, †1823) qui achète le domaine du château de Navailles en novembre 1794. Bernard se marie en 1795 avec Jeanne Jouanmau dite Abel et s’installe à Lacommande après avoir acheté l’hôpital, le presbytère, le moulin de bas et des terres. Leur fils aîné, autre Bernard (°1799, †1879), se marie en 1824 avec Jeanne- Marie Paralé-Goubert de Lasseube. C’est lui qui apparaît comme propriétaire du château dans les matrices du cadastre napoléonien en 1833. Avec Jean-Soulange Peyré, fils du précédent, la mention « dit Bergerou », souvenir de la maison
d’Aubertin, disparaît du patronyme.

29. La carte complète est consultable sur le site de la mairie d’Aubertin http://aubertin.fr/spip.php?article2196

30. Signalons par exemple que le site Mérimée du Ministère de la Culture continue à utiliser cette phrase dans son résumé consacré à l’église Saint-Augustin d’Aubertin.

31. LASSÈGUES (Jean-Claude), La seigneurie d’Aubertin avant

la Révolution, Généalogie des Pyrénées Atlantiques, juin 2011, p.11.

32. LASSÈGUES (Jean-Claude), L’histoire commune d’Aubertin et de Lacommande, Généalogie des Pyrénées Atlantiques, déc. 2010, p. 3.