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Oct 30 2019

29-La clique de l’Abbé

18/03/10 – « L’abbé Cabanne attirait de plus en plus les jeunes. Il leur mettait entre les mains tambours et clairons, faisait venir un professeur de musique. On avait des séances d’apprentissage au presbytère. On emportait son instrument chez soi, et le soir quand on s’exerçait on se répondait d’un coteau à l’autre. Pierre Barrué savait déjà jouer, il était très bon. Laurent Loustalot était étonnamment doué. » C’est ainsi qu’Albert Peyroutet raconte la Clique d’Aubertin dans « Mémoire d’une pendule », une série de petites histoires que nous vous distillons au fur et à mesure de nos récits sur la vie de notre village.

Laurent Loustalot garde un souvenir ému de cette année 1947 où l’abbé Cabanne a fait une arrivée remarquée à Aubertin. De la clique de l’Entrain, en passant par le foot, le théâtre, le cross et les sorties avec les jeunes, les souvenirs ne manquent pas avec ce curé dynamique et rondouillard aux petites lunettes rondes. « Il a formé une clique avec les jeunes du village dont aucun ne connaissait la musique. Il mendiait des instruments à droite à gauche. Il nous a donné des clairons et des tambours et on s’entraînait le soir en rentrant chez nous » Raconte en souriant Laurent Loustalot : « C’est Baruet qui commençait depuis la maison qu’habitent aujourd’hui les Péborde. Puis je donnais la réplique et Albert Peyroutet suivait la musique. J’entendais au loin Louis Lacave et on recommençait. C’était pas trop difficile : sur un clairon, il n’y a que cinq notes. Mais je devais m’arrêter au bout d’une heure car les voisins râlaient ! » Ceux qui habitaient en haut… « C’étaient les jeunes turbulents de l’époque » Ajoute sa fille Maryse, d’un air moqueur. Laurent Loustalot poursuit : « Ensuite on a prit des cours avec Mayi Peyroutet, elle nous donnait les notes. On se déplaçait partout, aux fêtes de Laruns, d’Arudy, d’Arbus. On jouait à la messe et au monument aux morts, l’abbé était fier de sa clique. On est allé jouer pour la cérémonie des prisonniers de guerre avec l’abbé. On était nombreux dans sa voiture, il y en avait partout, même dans le coffre. Il a d’abord eu une Trèfle Citroën, puis une B14 et aussi une 203 break. Un jour on a été arrêté par des uniformes. On a cru que c’étaient des gendarmes, mais c’était la douane. Ils ont demandé au curé : -Qu’avez-vous à déclarer ? -Un curé et quatre footballeurs ! »  A-t-il répondu de sa voix franche et forte. « On était souvent accompagnés de la clique de Lescar comme pour l’installation du curé de Ledeuix ou celle de mon frère à l’île de Noé dans le Gers. On allait aux vêpres et on faisait les passe-rues pour la procession de la fête Dieu. On a joué quatre ou cinq ans et puis Louis Lacave et moi, on a commencé à fréquenter… On était moins assidus. Personne n’a suivi. »

Prochainement sur vos écrans : l’équipe de foot de l’Entrain d’Aubertin !