Histoire du village

Selon une hypothèse qui tient de la légende, le nom d’un chef wisigoth, Albertini, serait à l’origine de la fondation du village.

Il semblerait plus vraisemblable que ce nom vienne d’une villa gallo-romaine, « le domaine de Domus Albertinus », nom sous lequel il apparaît en 1128

Durant leur présence à Aubertin, les Romains construisent des villas et des ponts. Deux d’entre eux subsistent à Aubertin.

Le premier est composé de deux arches, il enjambe la Juscle au quartier Talabot à la limite des terres d’Aubertin et de Saint Faust,

Le second, plus important, fut construit en six arches pour franchir la Baïse au quartier du Gouadelabat, sur un axe commercial reliant Aquae Tarbelicae (Dax) à Saragosse, en passant par Bénéharnum (Lescar) et Aubertin

Ce pont dont le tablier a été élargi, est toujours emprunté de nos jours.

Le nom Auberti apparait au XIVe siècle dans les fors de Béarn, et Aubertii dans le censier de Béarn, puis Auberty en 1548 dans la réformation de Béarn et enfin Sent Blasi d’Aubertin en 1608 dans des insinuations du diocèse d’Oloron.

Vers 1120, Gaston IV de Béarn dit le Croisé entreprit de faire traverser tout le Béarn aux pèlerins de Compostelle et aussi aux marchands qui allaient enrichir la région. Avec son épouse Talèse, ils décidèrent de créer un hopital sur le « chemin roumieu » (chemin romain) de St Jacques de Compostelle.

L’endroit idéal se situait au « Faget d’Aubertin », à mi-chemin entre les deux cités épiscopales de Lescar et d’Oloron. Le nom de « Faget d’Aubertin » vient de fagus (en latin : hêtraie).
En effet, de denses forêts de hêtres couvraient la région d’Aubertin, forêts particulièrement dangereuses à traverser, infestées de bêtes sauvages et de redoutables brigands.

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Après avoir largement déboisé pour sécuriser l’endroit, GastonIV dut régler quelques détails concernant l’acquisition des terres appartenant au Seigneur d’Aubertin, Auriol de Bedosse.

La fille de celui-ci, Viverne, épouse de Durand de Moustrou, fit valoir ses droits d’héritière sur ces terres. Un accord fut conclu en présence du Vicomte Gaston, et d’Arcenarius, prieur de Ste Christine. Viverne accepta de se départir de ses poursuites en échange de 90 brebis pleines…

« Il fut homologué en la Cour Vicomtale de Pardies le seizième des calendes de février de l’an 1128, gouvernant Centulle en Béarn sous Gaston son père, Guido (Gui) étant évêque de Lascar (Lescar) et Arnaud évêque d’Oloron. »


C’est ainsi que fut fondé « l’espitau du Faget d’Aubertin « 

Le Faget d’Aubertin fut sujet à diverses revendications et transactions. Il fut assuré de son avenir avec la construction de l’église romane.

C’est un joyau de l’art roman qui, de même que l’hôpital, sera fort endommagé durant les guerres de Religion.

A l’extérieur, le cimetière recèle des stèles discoïdales du XIIIème siècle uniques en Béarn, plus communes en Pays basque.

L’importance et la notoriété que prit « l’espitau du Faget d’Aubertin «  s’expliquent non seulement par sa situation privilégiée sur  » La Route de Provence « , l’une des quatre routes qui mènent à Saint Jacques de Compostelle, mais aussi par la sagacité de Gaston IV qui en confia l’organisation aux chanoines d’Augustin plutôt qu’aux moines de Cluny, pourtant prépondérant à cette époque.

Ainsi, un Commandeur de Saint Augustin s’installa dans ce lieu, qui fut désigné « Commanderie du Faget d’Aubertin ».

Les commandeurs se succèdant, ils élirent domicile au château, jusqu’à ce que le dernier Commandeur d’Aubertin, le frère Raymond de Gavarret, s’en sépare en 1338. Un document d’archive « de la généalogie de la noblesse » fait état d’un échange :

« Bertrand de Faudoas, Ier du nom, Chevalier, Seigneur de Faudoas, fit auffi un échange du Château d’Aubertin en Béarn, pour le lieu de Sents en Gimois, avec frère Raymond de Gavarret, Commandeur d’Aubertin, Ordre de Sainte-Chriftine, au Diocèfe d’Ole’ron. »

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L’étendue du village d’Aubertin était telle que la construction d’une deuxième église fut indispensable. Si le lieu de cette implantation fut sujette à discussion, on est certain de nos jours qu’elle fut la raison principale de la division du village.

Il devait exister deux villages en un dans l’esprit des Aubertinois : celui du haut et celui du bas, comme ce fut le cas pour Saint-Faust.

Une deuxième église fut donc construite en 1773 sur le haut du village. Elle porte bien évidemment le nom de Saint-Augustin, de la confrérie des chanoines qui assuraient l’accueil des pélerins à « l’espitau ».

Il est probable que c’est à partir de cette période que se constitua à proprement dit le village de Lacommande, indépendamment de celui d’Aubertin.

Le nom de la « Commanderie du Faget d’Aubertin » se transforma peu à peu en « Commanderie du Faget », puis devint « La Commande« , et enfin « Lacommande« .

Le nom de Lacommande fut tardivement attribué à l’église et à l’hôpital de ce lieu qui à l’origine faisaient partie du village d’Aubertin : il ne figure pas dans le recensement ordonné par Gaston Fébus en 1385, seul est fait mention de « l’espitau d’Aubertii » ou plus exactement « hospitalet du faget d’Aubertii« . En 1385, Aubertin comptait 44 feux et dépendait du bailliage d’Ossau.

Un dicton en parle ainsi : « Aubertii, so que y-ha de mieilhe qu’ey lou bii « . « A Aubertin, ce qu’il y a de meilleur, c’est levin ».